Quand les pieds ne supportent plus la pression

Il arrive qu'une personne s'installe, que je pose les mains, et que je comprenne en trente secondes que la séance ne se passera pas comme prévu. Le pied se rétracte, la sensibilité des terminaisons nerveuses est exacerbée, la moindre pression fait sursauter. C'est pour ces situations que j'ai appris le drainage lymphatique par la réflexologie.
Deux méthodes qui se rejoignent
La technique associe harmonieusement les deux approches. De la réflexologie, elle garde les zones et la cartographie. Du drainage lymphatique, elle reprend le message réflexe : la façon de travailler chaque zone, la répétition de chaque geste et de chaque chemin, la douceur et la rondeur du mouvement.
La pression, elle, reste plus ferme que celle d'un drainage lymphatique manuel classique. C'est logique : nous travaillons sur les pieds, qui portent le poids du corps toute la journée. L'organisme comprendra le message transmis avec délicatesse, mais avec fermeté.
À qui je le propose
Aux personnes sous médication lourde, chez qui il vaut mieux ne pas susciter des réactions difficiles à supporter. Aux rhumatismes et à la fibromyalgie. Aux inflammations variées, y compris le zona. Aux périodes de vie difficiles, où le corps n'a plus la réserve nécessaire pour encaisser un travail profond.
Aux grandes nervosités et aux irritabilités aussi. Et à toutes ces pathologies qu'un stress mal supporté finit par installer : asthme, essoufflements, oppressions, hypertension, angoisses. Le premier but à atteindre, dans tous ces cas, est le même : l'effet calmant, apaisant, sédatif.
Le rythme fait tout le travail
Ce qui frappe quand on reçoit ce soin pour la première fois, c'est la monotonie assumée du geste. Même mouvement, même chemin, même vitesse, encore et encore. On pourrait croire que je n'avance pas. En réalité c'est précisément cette répétition qui désarme la vigilance : sans surprise à anticiper, le corps arrête de se défendre.
Parfois nous rencontrons des contre-indications qui demandent de la prudence, et selon la pathologie, l'envie n'est pas toujours là de déclencher des réactions — même en sachant qu'un mieux-être suivra. C'est l'écoute, la sensibilité et l'empathie qui dictent alors comment appliquer ce soin : complètement, ou partiellement.
Une décision qui se prend à deux
Rien de tout cela ne se décide avant votre arrivée. L'anamnèse du début de séance sert exactement à ça : comprendre où vous en êtes, avec quels traitements, dans quel état de fatigue, et ce que vous êtes venue chercher aujourd'hui.
Il m'arrive de commencer une séance en réflexologie classique et de basculer en drainage au bout de dix minutes, parce que le pied me dit autre chose que ce que la parole avait annoncé. C'est un des privilèges de ce métier : le corps parle très clairement, à condition de lui laisser le temps.